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La Courtine 1917
Lumière sur les évènements survenus en 1917

Site de l’association La Courtine 1917 .À la mémoire des 10300 soldats russes de la première brigade internés au camp de La Courtine du 26 juinau 19 septembre 1917 . Ils y furent militairement réprimés , eux qui s’étaient mutinés contre la poursuite de la guerre , exigeant leur rapatriement en Russie révolutionnaire .

Deux cavaliers de l’orage 
Article mis en ligne le 10 septembre 2014

par Christophe
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« Deux cavaliers de l’orage », de Jean Giono.
Quand des soldats français croisent des Russes sur le front Oriental.

Un article de Michel Patinaud .

Voici une sorte de suite d’un premier article « Le camarade Roussky de Jean Giono ». Je vous parle encore de Giono. Je suis désolé de ne pas varier un peu pour l’instant, mais cet auteur est une de mes références littéraires. Et surtout, il se trouve que l’écrivain provençal – qui fit la guerre – a été largement inspiré par le conflit. Il a croisé des soldats russes, réellement, ou de façon fictionnelle, comme dans l’exemple que je vais évoquer ici.

Le livre de Giono .

Je voudrais vous parler du roman « Deux cavaliers de l’orage » (paru en 1965, un de ses derniers). Curieusement, il fait écho au « Grand Troupeau », en apparence bien longtemps après, 34 ans précisément. Toutefois, il fut commencé en 1938, et parut dans une première mouture dans la revue pétainiste « La Gerbe ». Alors que « Le grand troupeau » est un récit de guerre, où celle-ci est au premier plan, dans « Deux cavaliers de l’orage » la guerre de 14-18 n’est qu’une toile de fond, éclairant – ou plutôt noircissant – une histoire d’amour-haine entre deux frères.
C’est surtout le film tiré de ce roman, titre très légèrement différent (« Les cavaliers ...), réalisé par Gérard Vergez (1984), avec des comédiens très connus, Marlène Jobert, Gérard Klein, qui va nous intéresser dans ces lignes. Lorsque je repensais récemment à cette histoire, me revinrent à l’esprit des scènes censées se dérouler au printemps 1917, sur le front oriental, où l’on voit un régiment russe se mutiner. Impossible de retrouver ces scènes dans le roman. L’explication est simple : une partie de l’intrigue a été transférée – pour des raisons que j’ignore – dans la région des Dardanelles. Passons sur le fil du récit, essayons de comprendre le contexte. Plusieurs bataillons de l’armée du tsar avaient été envoyés combattre dans ce secteur dès 1915, donc dans des conditions géopolitiques, militaires, et psychologiques différentes de nos moujiks dits « de la Courtine ». Mais il se trouve que les soldats russes purent croiser souvent leurs homologues français engagés sur ce front. Il me semble pourtant que les bataillons russes étaient concentrés près de Monastir (à l’époque Bitola), aujourd’hui en république de Macédoine. Approximation, ou liberté narrative ? Je ne sais. Les uns et les autres durent affronter selon les cas, des troupes turques surtout, bulgares à certaines périodes, et même allemands. Un site internet – Délit d’im@ges.org / la culture alternative – décrit assez bien l’évolution psychologique des troupes russes, à l’ouest comme à l’est, jusqu’aux mutineries ouvertes d’avril-mai 1917. Je vous y renvoie. Quelques réserves cependant : « les troupes, tous des volontaires ... » (???)

Le film réalisé par Gérard Vergez (1984)

On peut lire par ailleurs ceci [référence perdue] à propos de Giono et de la guerre : (ses romans mettent en évidence) « la fascination du sang qui fait basculer les hommes (comme le romancier l’a vécu dans sa propre expérience). C’est une vision pessimiste de la nature humaine qui admet la séduction qu’exerce sur l’homme la violence, et plus spécifiquement de la violence comme divertissement, comme remède à l’ennui » (dans « Un roi sans divertissement ») J’ajouterai : vision pessimiste certes, mais l’écrivain de fait pas que décrire, il condamne. La bande-annonce du film est très réussie, mais elle joue à mon sens sur l’esthétique de la violence, justement évoquée ci-dessus. Alors que le message est authentiquement pacfiste et antimilitariste.
« Croiser » disais-je ... et bien le film précité l’évoque assez bien, notamment dans une scène se déroulant dans un cabaret, un autre dans la rue. Des soldats français – dont les héros du roman – sont témoins de l’amorce d’une rébellion. Le film montre très bien la gestation des soviets de soldats, le refus de l’ordre ancien, ... le rôle des leaders politisés (j’évite volontairement les termes péjoratifs, comme « meneur » ou « agitateur »). On chante l’Internationale, aux côtés de soldats russes (le lieutenant Gorian – soldat français, mais immigré serbe – est arrêté pour cela) [ici un petit problème de chronologie].
Tout cela est poignant, on peut lire le livre et le film sous plusieurs angles. Je recommande à chacun de se faire une opinion personnelle.

N.B. Le film n’existe pas encore en DVD, il faudra me croire sur parole.



Livres sur le sujet :

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Rieder, 1934. 256 pages

Dix jours qui ébranlèrent le monde .

De John Reed .EDITIONS SOCIALES, 1958. 381 pages .

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1917, la révolte des soldats russes en France

De Rémi Adam , 2007 Éditions lbc , collection Histoire .

Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999)

De Nicolas Offenstadt , Paris : Odile Jacob , 2000 .

Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918

Préface de Rémy Cazals, première édition : Maspero, 1978 ; rééditions Éditions (...)

 Les Mutineries de 1917

De Guy Pedroncini , Publications de La Sorbonne ,1967 .

Les damnés de la guerre .

Les crimes de la justice militaire (1914-1918) .

De Roger Monclin , (...)

La Mutinerie De La Courtine. Les Régiments Russes Révoltés En 1917 Au Centre De La France. de Poitevin Pierre

Auteur : POITEVIN PIERRE

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